Le Varroa destructor

Qu’est ce que c’est ?

Le Varroa (Varroa destructor) est un acarien d'origine asiatique qui a été découvert en France en 1982. Varroa est le seul genre de la sous- famille des Varroidae. Cet acarien parasite les abeilles et fait partie des causes possibles ou favorisantes du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.

 Il est maintenant bien connu des apiculteurs, du moins pour les dégâts qu'il peut occasionner dès lors qu'il tend à pulluler. Ce parasite de la grande famille des Gamasidés s'attaque aux abeilles adultes, mais également aux larves et aux nymphes, autrement dit au couvain. Comme tout parasite le Varroa vit aux dépens de son hôte, et dans la mesure où une même abeille peut en héberger plusieurs, on imagine aisément que ladite abeille finisse par dépérir, et même à périr tout court. Au niveau du couvain cette acariose génère souvent des malformations, ce qui hypothèque le devenir de l'insecte, et à terme celui de la colonie. Suite à une prolifération sévère, et non traitée, une ruche peut se voir totalement dépeuplée en quelques semaines et ne plus pouvoir résister aux attaques d'autres insectes opportinistes (fourmis et fausse teigne). La petitesse du parasite ajoute évidemment au caractère insidieux de son attaque, et bien souvent ce type d'acariose est découvert à un stade déjà avancé.

La femelle du varroa présente une forme elliptique, trapue, plus large que longue. Elle mesure de 1 à 1,2 mm sur 1,5 à 1,8 mm, ce qui la rend parfaitement visible à l'œil nu. La cuticule est de couleur brun foncé et l'ensemble du corps est recouvert de soies. Le mâle est de forme plutôt arrondie de couleur jaunâtre. Son diamètre est d'environ 0,8 à 0,9 mm.  Il est doté de pattes trapues et puissantes qui permettent au parasite de se déplacer au sein de la ruche, mais surtout de s'agripper sur l'hôte et de s'y installer pour consommer (tout en se laissant véhiculer à l'occasion!). Pour finir le Varroa est doté d'un rostre acéré qui lui permet de perforer les téguments de l'abeille, et de puiser ainsi au plus vif de son "garde-manger".                                  

 Quel est le mode de vie du varroa ?

Les mâles vivent exclusivement dans les cellules du couvain de l'abeille, alors que les femelles se rencontrent aussi sur l'abeille adulte, dans et à l'extérieur de la ruche. Seules les femelles sont capables d'hiverner.

Le cycle de reproduction de Varroa se déroule exclusivement dans le couvain.

L'œuf est pondu dans une cellule par une femelle fondatrice qui y pénètre juste avant l'operculation et s'y laisse enfermer. Plusieurs femelles peuvent même se retrouver dans la même cellule. Chaque femelle pond de 2 à 8 œufs, dont le premier est toujours un œuf de mâle. Les œufs suivants seraient toujours des œufs femelles. La femelle pond un œuf environ toutes les 30 heures. Si cet œuf est un œuf de mâle, son développement prendra de 6 à 7 jours; s'il s'agit d'un œuf de femelle, son développement est un peu plus long et dure de 8 à 9 jours. Le mâle nouvellement éclos féconde ses sœurs dès leur naissance. Dans une cellule d'ouvrière, une femelle fondatrice de varroa pond en moyenne 3 œufs (1 mâle et 2 femelles), alors que dans une cellule de mâle, elle en pond en moyenne 4 (1 mâle et 3 femelles).Les jeunes femelles varroa, fécondées par leur frère, sortent de la cellule au moment de la « naissance » de l'abeille.

Après un délai de quelques jours, le cycle d'infestation peut recommencer.

Varroas 1

Varroa destructor: face dorsale (X 55)

Meb

Varroa destructor : face ventrale (X 55)

Ventre

Détail de zone buccale: rostre (flèche) entouré des palpes (X 200)

Bouche

Comment lutter contre le varroa ?

La prévention passe par l'élevage de souches d'abeilles en quelque sorte "résistantes", ou plus exactement aptes à se débarrasser du parasite, et par le fait à plus ou moins l'éliminer. Elle passe également par l'examen minutieux des ruchers, ou par celui des abeilles mortes de fraîche date, ce qui peut permettre de déceler l'acariose avant qu'elle ne se généralise.

Les traitements chimiques (acaricides) constituent pour l'heure la seule parade, mais leur efficacité est rarement effective à 100 %, d'autant que l' "accoutumance" finit par induire des souches plus ou moins résistantes. En pareil cas l'apiculteur est souvent tenté d'augmenter le dosage, ou la fréquence des traitements, mais il est préférable de changer de produit, et plus exactement de principe actif. Bien entendu, et c'est là une évidence, tout traitement doit être compatible avec la vie même des abeilles, mais également avec la qualité gustative et sanitaire du miel.

Au final, et même si les acaricides ne sont pas forcément la panacée, ils permettent le plus souvent de ramener le taux de "parasitage" à un niveau acceptable en regard du développement normal d'un rucher, et donc de sa production mellifère… Mais depuis quelques années et un peu partout dans le monde, outre-Atlantique en particulier, les varroas développent des capacités de résistance aux traitements. C’est pourquoi ils sont suspectés d’être à l’origine de l’épidémie actuelle. Cependant, aucune corrélation absolue n’a pu être établie avec le phénomène d’effondrement. D’autres maux sévissent dans les colonies d’abeilles : loques américaines et européennes, acarioses provoquées par Acarapis woodi ou d’autres parasites qui s’installent en Europe. Une bonne partie de ces parasites, même s’ils prolifèrent, étaient présents depuis longtemps et n’expliquent pas, à eux seuls, le pic de mortalité apicole.

Varroas (flèches) "in situ" sur l'abdomen d'une abeille domestique

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